En bref
Le SaaS (software as a service, logiciel en tant que service) est un logiciel hébergé par l'éditeur et utilisé par abonnement, depuis un navigateur. L'entreprise n'achète pas le logiciel : elle paie un droit d'usage et un service, pour une durée donnée, avec ses données chez un tiers.
Définition
Un logiciel SaaS est une application que l'éditeur fait tourner sur ses serveurs, ou chez un fournisseur de cloud, et que ses clients utilisent à distance, le plus souvent dans un navigateur, contre un abonnement. Les utilisateurs se connectent avec un identifiant ; installation, hébergement, maintenance et sauvegardes restent à la charge de l'éditeur. On parle aussi de « mode SaaS » ou de logiciel en ligne.
Le NIST, l'agence fédérale américaine des normes et de la technologie, en donne une définition plus précise dans sa publication SP 800-145 de septembre 2011. Le client y utilise les applications du fournisseur, qui s'exécutent sur une infrastructure cloud et sont accessibles depuis différents terminaux, par un client léger comme un navigateur ou par une interface de programmation. Il ne gère ni ne contrôle l'infrastructure sous-jacente (réseau, serveurs, systèmes d'exploitation, stockage), ni même les fonctions de l'application, à l'exception éventuelle de quelques réglages propres à l'utilisateur.
Pour un acheteur, cette dernière phrase compte le plus. La sécurité, la disponibilité, les sauvegardes et les évolutions du produit sont entre les mains de l'éditeur ; ce que vous ne contrôlez pas, il faut l'obtenir par écrit.
Comment fonctionne un logiciel SaaS
Hébergement et mises à jour
L'éditeur héberge l'application et les données de ses clients, dans ses propres centres de données ou chez un fournisseur de cloud. Il déploie les mises à jour pour tous ses clients à la fois : vous n'avez plus de montée de version à planifier ni de correctif à tester, mais vous ne choisissez plus le moment. Une fonction peut changer ou disparaître un mardi matin, sans que vous ayez voté.
Le plus souvent, les clients partagent la même installation logicielle, chacun dans son espace logique. C'est l'architecture multi-tenant, qui explique la rapidité des mises à jour et pose la question de l'isolation des données. Certains éditeurs proposent aussi une instance dédiée, en général plus chère.
L'accès passe par Internet. L'identification des utilisateurs, l'authentification unique (la connexion avec le compte de l'entreprise) et les échanges avec vos autres outils par interface de programmation (API) deviennent des points à examiner. Un SaaS qu'on ne relie à rien se déploie vite ; un SaaS relié à la paie, à l'ERP et à la messagerie devient difficile à remplacer, et cela se paie le jour où l'on veut en sortir.
Abonnement et métriques
Le SaaS se facture par abonnement, pour une période (un an, trois ans) et selon une métrique. Les plus courantes :
- Par utilisateur : un prix par personne et par mois ou par an, parfois selon l'édition (de base, avancée, complète). Simple à comprendre, et source classique de licences payées pour rien.
- Par usage : un prix selon un volume consommé (documents traités, appels d'API, gigaoctets stockés, crédits). Le coût suit l'activité, il devient donc difficile à prévoir.
- Par palier : un forfait pour une fourchette de volume ou de taille d'entreprise. Le passage au palier supérieur peut coûter bien plus que l'unité qui l'a déclenché.
- Mixte : un socle fixe plus des options ou des dépassements facturés à part.
Exemple fictif : un outil facturé 30 € par utilisateur et par mois coûte 30 × 200 × 12 = 72 000 € par an pour 200 utilisateurs. Le même outil vendu par palier, 60 000 € par an jusqu'à 250 utilisateurs et 90 000 € au-delà, revient moins cher à 200 utilisateurs, mais l'arrivée du 251e ajoute 30 000 € par an. Comparer deux offres suppose de les ramener à la même métrique et aux effectifs prévus sur toute la durée du contrat.
Les conditions de reconduction, de préavis et de révision des prix font partie de l'abonnement au même titre que le tarif ; le guide sur le renouvellement d'un abonnement SaaS y revient en détail. Le SaaS déplace aussi la dépense : moins d'investissement au départ, plus de charges récurrentes, et une échéance de plus à suivre à chaque contrat. Dix abonnements sans calendrier commun, ce sont dix occasions de rater un préavis.
SaaS, on-premise, IaaS et PaaS
Le SaaS est l'un des modèles possibles. L'on-premise désigne le logiciel installé sous licence sur les serveurs de l'entreprise ou de son hébergeur. L'IaaS (infrastructure as a service) loue des machines, du stockage et du réseau. Le PaaS (platform as a service) loue une plateforme pour développer et exécuter ses propres applications. Le tableau résume qui gère quoi.
| Couche | On-premise | IaaS | PaaS | SaaS |
|---|---|---|---|---|
| Données et utilisateurs | Client | Client | Client | Client |
| Application | Client | Client | Client | Fournisseur |
| Système d'exploitation et environnement d'exécution | Client | Client | Fournisseur | Fournisseur |
| Serveurs, stockage et réseau | Client | Fournisseur | Fournisseur | Fournisseur |
Le « client » est votre entreprise, le « fournisseur » l'éditeur ou le prestataire de cloud. Cette répartition est schématique : les contrats la nuancent, et un même service peut combiner plusieurs niveaux. Les définitions et les cas limites sont dans la page IaaS, PaaS et SaaS ; le choix entre un SaaS et un logiciel installé (coûts, contrôle, sécurité, intégration) est traité dans la page sur l'on-premise. Plus le service est haut dans la pile, moins vous gérez, et plus ce que vous attendez de l'éditeur doit être écrit.
DéfinitionIaaS, PaaS, SaaS : définitions et différences entre les modèles de cloudIaaS, PaaS et SaaS : définition des trois modèles de cloud, qui gère quoi entre le fournisseur et l'entreprise, et ce que cela change au contrat.Lire la définitionCe que l'acheteur achète vraiment
La facture porte une seule ligne « abonnement ». Le contrat, lui, couvre trois choses qui ne portent pas les mêmes risques.
Un droit d'usage
L'abonnement vous donne le droit d'utiliser le logiciel, dans des limites (nombre d'utilisateurs, périmètre, filiales autorisées, usages interdits) et pour une durée ; le logiciel et son code restent à l'éditeur. À l'échéance, le droit s'arrête. C'est la différence de fond avec la licence perpétuelle, que l'on conserve après l'avoir payée. Ces limites figurent le plus souvent dans des conditions générales que l'éditeur impose et qu'un salarié accepte d'un clic, sur le modèle de l'EULA (ou CLUF) des logiciels installés. Vérifiez lesquelles s'appliquent avant de signer, et si un contrat négocié les écarte.
Un niveau de service
Comme l'éditeur exploite le logiciel, la qualité du service devient l'objet du contrat : disponibilité, délais de réponse et de rétablissement, support, sauvegardes, pénalités. Ces engagements forment le SLA, et un taux de disponibilité n'a de sens que si le contrat dit comment il est mesuré et ce qui en est exclu. Sans eux, l'abonnement ne garantit que l'accès à un site web.
Vos données
Dans un SaaS, vos données (contrats, commandes, fichiers clients, historiques) résident chez l'éditeur, et c'est là que se joue la dépendance : on change de logiciel plus facilement que de base de données. Trois questions à poser : où sont-elles hébergées, qui peut y accéder, et comment les récupère-t-on, dans quel format et à quel coût ?
Si l'éditeur traite des données personnelles pour votre compte, il est en principe votre sous-traitant au sens du RGPD, ce qui appelle un accord écrit : voir la page sur le DPA et l'article 28 du RGPD. Pour les données sensibles, la localisation et le droit applicable à l'éditeur comptent aussi, ce qui renvoie au cloud souverain et au Cloud Act.
Les points à vérifier avant de signer
Voici la liste courte à passer avant de signer un abonnement ; les clauses elles-mêmes sont détaillées dans le guide sur le contrat SaaS.
- Le besoin réel : combien de personnes se connecteront vraiment, avec quels profils, donc quelle édition et quelle métrique.
- L'intégration : authentification unique, connecteurs et API nécessaires, et qui paie leur mise en place.
- La sécurité : les documents qui la prouvent (certification et son périmètre, rapport d'audit), la localisation des données, les sous-traitants de l'éditeur, l'accord de traitement si des données personnelles sont en jeu.
- Les engagements de l'éditeur : disponibilité mesurée, support, sauvegardes, plafond de responsabilité.
- Le prix dans la durée : reconduction, préavis, plafond de hausse, réduction possible des quantités, maintien de la remise au renouvellement.
- L'évolution du service : l'éditeur peut-il retirer une fonction ou modifier ses conditions en cours de contrat, et avec quel préavis ?
- La sortie : export des données, format, délai et coût, à tester avant d'en avoir besoin.
Un SaaS se teste sans projet d'installation. Un pilote de quelques semaines, avec de vrais utilisateurs et vos propres données, montre l'usage réel, les temps de réponse et la qualité de l'export avant que vous ne vous engagiez pour trois ans. Gardez aussi en tête le coût total sur la durée, qui dépasse l'abonnement : intégration, paramétrage, formation, support étendu et sortie (voir le TCO d'un achat IT). Et un abonnement se négocie, même quand le site de l'éditeur affiche des tarifs publics : voir négocier avec un éditeur de logiciel.
Les pièges courants
- La reconduction tacite. Le contrat se renouvelle seul pour une nouvelle période si personne ne le dénonce à temps. Un préavis de 30 ou 90 jours se rate facilement quand l'échéance n'est inscrite nulle part ; voir la tacite reconduction.
- Les hausses au renouvellement. Sans plafond, l'éditeur applique sa grille du moment, et la remise du départ peut disparaître. Les mécanismes sont décrits dans la page sur l'indexation des prix SaaS.
- Les licences inutilisées. On en ajoute quand une équipe arrive, on les retire rarement quand elle part. Un contrôle de l'usage réel avant chaque échéance est la première économie.
- Les dépassements. L'éditeur mesure lui-même l'usage ; un volume ou un nombre d'utilisateurs dépassé peut être facturé au tarif catalogue, sans la remise négociée. Le contrat doit dire comment le dépassement est constaté et à quel prix.
- Les données captives. Un export réservé à un format propriétaire, payant ou limité dans le temps, transforme un changement d'éditeur en chantier. La réversibilité se négocie à la signature, quand l'éditeur a encore besoin de votre accord.
- Les fonctions retirées. Le produit acheté n'est pas forcément celui que vous utiliserez dans deux ans. Les contrats laissent souvent à l'éditeur le droit de le faire évoluer ; sans clause de protection, une fonction centrale peut devenir une option payante ou disparaître.
- Les achats hors circuit. Un abonnement souscrit par un service avec une carte bancaire n'apparaît dans aucun tableau des achats, et personne n'en a lu les conditions.
Exemple fictif de l'effet cumulé : un abonnement de 72 000 € par an, reconduit tacitement avec une hausse de 7 % chaque année, coûte 77 040 € la deuxième année puis 82 432,80 € la troisième, soit 231 472,80 € sur trois ans au lieu de 216 000 €. L'écart, 15 472,80 €, vient d'une clause que personne n'a discutée.
Plusieurs de ces pièges tiennent à une date ou à une clause qu'on n'a pas retrouvée à temps. Dans Naigo, l'IA lit un contrat déposé en PDF ou en Word et en remonte les données (durée, préavis, responsabilité, données et conformité), chacune avec sa source dans le document, puis calcule la date limite de résiliation à partir du préavis : c'est le rôle de la gestion des contrats fournisseurs. Pour les renouvellements, un rétroplanning avec rappels par e-mail précède l'échéance, et l'offre de renouvellement peut être comparée au contrat. La décision reste à l'acheteur.
Questions fréquentes
Qui est propriétaire des données dans un SaaS ?
En principe, le client : l'éditeur héberge et traite les données, il n'en devient pas propriétaire du seul fait de l'abonnement. Ce principe doit pourtant être écrit. Le contrat doit dire que les données restent celles du client, limiter l'usage que l'éditeur peut en faire (statistiques, entraînement de modèles, par exemple) et prévoir leur restitution à la fin du contrat, dans un format exploitable et un délai précis, puis leur suppression. Les conditions générales de l'éditeur peuvent dire autre chose : lisez-les avant de signer.
Que se passe-t-il si l'éditeur SaaS cesse son activité ?
Le service peut s'arrêter, et l'accès à vos données avec lui, si rien n'a été prévu. Trois protections se préparent avant la signature : une clause de réversibilité (restitution des données et aide à la sortie), un export régulier de vos données dans un format ouvert, conservé chez vous, et, pour un outil critique, une clause de continuité (séquestre du code source et de la documentation d'exploitation chez un tiers, par exemple). En cas de procédure collective, la poursuite du contrat dépend aussi des organes désignés par le tribunal (administrateur ou liquidateur) ; l'export régulier est la seule protection qui ne dépend que de vous.
Qu'est-ce qu'un logiciel SaaS ?
C'est une application utilisée en ligne, par abonnement, que l'éditeur héberge et maintient : une messagerie en ligne, un CRM, un outil de paie ou de signature électronique, par exemple. Vous n'installez rien sur vos postes ; vous payez un droit d'usage pour une durée, et vos données sont stockées chez l'éditeur ou chez son hébergeur.


