En bref
Une licence perpétuelle donne le droit d'utiliser une version d'un logiciel sans limite de durée, contre un paiement unique ; les mises à jour et le support passent par un contrat de maintenance payé chaque année, alors que l'abonnement inclut tout pour une durée donnée. Comparez les deux sur le coût cumulé pendant la durée d'usage prévue.
Définition
Le mot « perpétuelle » qualifie le droit d'usage, qui n'a pas de terme. Vous pouvez continuer d'utiliser la version achetée aussi longtemps qu'elle fonctionne, mais elle ne reçoit plus de corrections ni d'évolutions sans maintenance, et elle suppose souvent un environnement installé chez vous (voir on-premise). Le contrat précise aussi ce que le droit couvre : nombre d'utilisateurs, sites, version, transfert à une autre entité. Ces points sont décrits dans la page licence logicielle.
La licence par abonnement, elle, donne un droit d'usage pour une période fixée, renouvelée à l'échéance, et inclut en général les mises à jour et le support. À l'arrêt du paiement, le droit s'arrête.
Le rôle de la maintenance
Avec une licence perpétuelle, la maintenance est un contrat séparé, facturé chaque année. Selon l'éditeur, elle couvre en général les correctifs, les nouvelles versions et l'accès au support. Aucune règle ne fixe son montant ni son périmètre : lisez ce que le contrat inclut vraiment (versions majeures, niveaux de service, délais de réponse), les modalités d'indexation et le préavis pour l'arrêter.
Deux points à vérifier. D'abord, ce qu'il advient du droit de mise à jour si vous arrêtez la maintenance puis la reprenez : certains éditeurs facturent les années manquées. Ensuite, la date de fin de support de la version achetée : une version que l'éditeur ne corrige plus reste exposée aux failles découvertes après cette date.
Perpétuelle ou abonnement : comparer sur la durée
La perpétuelle pèse lourd la première année et moins ensuite ; l'abonnement lisse la dépense mais ne s'arrête jamais. L'exemple suivant est fictif : les montants ne sont ni ceux d'un éditeur ni des usages de marché, ils servent à montrer le calcul.
Hypothèses : 100 utilisateurs. Licence perpétuelle à 60 000 € payés la première année, plus une maintenance de 12 000 € par an, dès la première année. Abonnement à 26 000 € par an. Les coûts d'installation, d'infrastructure et d'indexation sont laissés de côté.
| Cumul à la fin de l'année | Perpétuelle + maintenance | Abonnement |
|---|---|---|
| Année 1 | 72 000 € | 26 000 € |
| Année 2 | 84 000 € | 52 000 € |
| Année 3 | 96 000 € | 78 000 € |
| Année 4 | 108 000 € | 104 000 € |
| Année 5 | 120 000 € | 130 000 € |
Ici, l'abonnement reste moins cher jusqu'à l'année 4 incluse (104 000 € contre 108 000 €), et la perpétuelle passe devant en année 5 (120 000 € contre 130 000 €). Le point de bascule dépend des hypothèses : avec une maintenance à 18 000 € par an, il recule à l'année 8 (204 000 € contre 208 000 €). Pour décider, trois questions :
- Combien d'années garderez-vous ce logiciel ? Plus la durée est longue, plus la perpétuelle a de chances de passer devant, tant que la maintenance coûte moins cher que l'abonnement.
- Votre usage va-t-il varier ? Un abonnement logiciel se réduit à l'échéance ; une perpétuelle déjà payée ne se rend pas.
- Pouvez-vous exploiter une version installée ? Le matériel, l'hébergement et les équipes qui la font tourner ne figurent pas dans le tableau.
Ajoutez le prix d'une version majeure si la maintenance ne la couvre pas et, côté abonnement, la réindexation possible à chaque échéance. La méthode complète est celle du calcul du TCO : le coût total de possession sur la durée d'usage.
Dans Naigo, le comparatif des offres se lit sur 1, 3 ou 5 ans, avec les montants ramenés en base annuelle ; voir le module de négociation fournisseurs.
Quand les éditeurs retirent les licences perpétuelles
Des éditeurs ont cessé de vendre des licences perpétuelles au profit de l'abonnement. Pour l'acheteur qui en détient, rien n'oblige en principe à migrer le jour de l'annonce : le droit d'usage acquis reste régi par le contrat. La question devient celle du prix de la maintenance, de la date de fin de support et du moment où la migration vers l'abonnement coûte moins cher que le statu quo. Préparez-la avant l'échéance de la maintenance, qui est le moment où l'éditeur a la main sur les conditions. Le cas de VMware, aujourd'hui dans le groupe Broadcom, est traité dans le guide pour négocier avec un éditeur de logiciel.
Questions fréquentes
Une licence perpétuelle est-elle plus rentable qu'un abonnement ?
Elle peut l'être au bout de plusieurs années si la maintenance reste modérée et si l'infrastructure ne coûte pas trop. Pour trancher entre licence perpétuelle ou abonnement, comparez le cumul sur la durée d'usage prévue, en incluant matériel, exploitation et coût d'une migration.
Peut-on arrêter la maintenance d'une licence perpétuelle ?
En général oui : le droit d'usage continue, mais sans correctifs, évolutions ni support. Vérifiez le prix de reprise si vous reprenez plus tard, et la date de fin de support de votre version.
Que devient une licence perpétuelle si l'éditeur est racheté ?
Le droit d'usage reste régi par le contrat signé, que le repreneur doit en principe respecter. Les conditions de la maintenance et la politique de prix, elles, peuvent changer à l'échéance : prévoyez dans le contrat un préavis et un plafond de hausse sur la maintenance.
Publié le 10 octobre 2026


