Définition · Prix, indexation et révision
Indice Syntec : définition, valeur et calcul
En bref
L'indice Syntec mesure l'évolution du coût de la main-d'œuvre des prestations intellectuelles : numérique, ingénierie, conseil. Calculé et publié chaque mois par la Fédération Syntec, il sert à réviser le prix des contrats de prestation, selon la formule : nouveau prix = prix initial × (nouvel indice ÷ indice de référence).
Qu'est-ce que l'indice Syntec ?
Créé en 1961, l'indice Syntec est calculé par la Fédération Syntec, qui représente les entreprises du numérique, de l'ingénierie, du conseil, de la formation professionnelle et de l'événementiel. Selon sa définition officielle, il « mesure l'évolution du coût de la main d'œuvre pour des prestations essentiellement intellectuelles » dans ces secteurs. C'est pourquoi on le retrouve dans les contrats d'ESN, de cabinets de conseil et de bureaux d'études : leur prix est surtout fait de salaires.
Le calcul part d'une enquête mensuelle auprès d'un groupe témoin d'entreprises, qui déclarent leurs effectifs et leur masse salariale brute chargée. La fédération en tire un salaire moyen, lissé sur douze mois glissants. Conséquence pour l'acheteur : l'indice bouge lentement, sans les à-coups d'un indice de prix de l'énergie ou des matières premières.
La méthode a été révisée en septembre 2022, après un audit externe et avec les recommandations de l'INSEE. Depuis, seul l'« indice révisé » est publié. Pour les contrats signés avant août 2022, la fédération publie à côté une valeur corrigée d'un coefficient de raccordement de 0,97975, utilisable pour rester cohérent avec l'indice de référence d'origine.
Deux précisions. La fédération rappelle que le recours à l'indice n'a « aucun caractère systématique ni a fortiori obligatoire » : c'est un choix des parties, à négocier. Et l'indice n'a rien à voir avec la convention collective Syntec, qui fixe les règles sociales de la branche (classifications, salaires minimaux) : même nom, autre sujet.
Où trouver la dernière valeur
Lien vers la source officielle, valeur datée
La seule source qui fait foi est la page de l'indice Syntec sur le site de la Fédération Syntec. Elle donne l'historique depuis janvier 2020 (l'ancien indice jusqu'en juillet 2022, puis, chaque mois, l'indice révisé et la valeur corrigée pour les contrats signés avant août 2022) et la date de publication. La valeur d'un mois paraît à la fin du mois suivant : celle d'août 2026 a été publiée le 30 septembre 2026.
À la date de rédaction de cette page (6 octobre 2026), la dernière valeur publiée est celle d'août 2026 : 320,4 pour l'indice révisé, 313,9 pour les contrats signés avant août 2022. Reprenez toujours la valeur sur syntec.fr avant de calculer ou de contrôler une facture : une valeur recopiée d'un site tiers, celui-ci compris, peut avoir un mois de retard.
L'indice révisé d'août sur cinq ans, relevé sur syntec.fr :
| Mois | Indice révisé | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Août 2022 | 286,4 | |
| Août 2023 | 305,7 | + 6,7 % |
| Août 2024 | 314,1 | + 2,7 % |
| Août 2025 | 321,1 | + 2,2 % |
| Août 2026 | 320,4 | − 0,2 % |
Les valeurs de l'indice Syntec 2026 publiées à ce jour vont de 323,1 en janvier à 320,4 en août : l'indice a légèrement reculé. Une clause qui joue dans les deux sens peut donc faire baisser le prix cette année : vérifiez que la facture en tient compte.
Calculer une révision avec l'indice Syntec
Formule
La formule la plus courante est P1 = P0 × (S1 ÷ S0), où P0 est le prix initial, S0 l'indice de référence inscrit au contrat et S1 le nouvel indice, en général le dernier publié à la date de révision. Certains contrats ajoutent une partie fixe, non indexée : P1 = P0 × (a + (1 − a) × S1 ÷ S0). Avec a = 0,15, seuls 85 % du prix suivent l'indice.
Le contrat doit aussi dire combien de décimales garder pour le coefficient, et si chaque révision part du prix initial ou du dernier prix révisé. Sans plafond ni partie fixe, les deux méthodes donnent le même résultat, aux arrondis près ; dans les autres cas, elles divergent, d'où l'intérêt de l'écrire.
Exemple : contrat de TMA
Prenons un contrat de TMA fictif, signé en octobre 2024 pour 400 000 € HT par an, révisable chaque 1er octobre. L'indice de référence est le dernier publié à la signature, celui d'août 2024 : 314,1. Les indices utilisés sont les vraies valeurs publiées par la Fédération Syntec.
| Révision | Indice retenu | Calcul | Prix annuel HT |
|---|---|---|---|
| Prix initial | Août 2024 : 314,1 | 400 000,00 € | |
| 1er octobre 2025 | Août 2025 : 321,1 | 400 000 × 321,1 ÷ 314,1 | 408 914,36 € (+ 2,2 %) |
| 1er octobre 2026 | Août 2026 : 320,4 | 400 000 × 320,4 ÷ 314,1 | 408 022,92 € (− 0,2 %) |
En 2026, le prix baisse de 891 € par an. Le fournisseur fait le calcul, vous le vérifiez : une baisse passe plus facilement inaperçue qu'une hausse.
Le calculateur
Notre calculateur de révision de prix applique la formule à partir du prix initial, de l'indice de référence et du nouvel indice, avec la partie fixe et le plafond de votre clause.
Quand l'utiliser dans un contrat IT
L'indice Syntec convient aux contrats dont le prix rémunère surtout du temps de travail qualifié : TMA, régie et assistance technique, conseil, intégration, part humaine d'un contrat d'infogérance. C'est aussi lui qui sert de repère quand il s'agit de négocier un TJM sur plusieurs années. Il colle moins bien à ce qui ne dépend pas des salaires de la branche : matériel, licences, hébergement, énergie. Pour ces postes, cherchez un indice plus proche de leur coût, ou un prix ferme.
Le choix a aussi une portée juridique. L'article L112-2 du Code monétaire et financier interdit les indexations sur des indices sans relation directe avec l'objet du contrat ou l'activité de l'une des parties. Pour une ESN, le lien entre l'indice Syntec et son activité se défend facilement ; pour un contrat de fourniture de matériel, beaucoup moins. Les conditions sont détaillées dans la page sur la clause d'indexation.
Dans le contrat, la clause doit au minimum préciser :
- L'indice exact : « indice Syntec révisé publié par la Fédération Syntec ».
- L'indice de référence, en valeur et en mois (« août 2024 : 314,1 »).
- La date de révision et l'indice retenu à cette date (le dernier publié, ou celui d'un mois précis).
- La formule, la partie fixe éventuelle et l'arrondi.
- Le plafond, et le fait que la révision joue à la baisse comme à la hausse.
- L'indice de remplacement si celui-ci cessait d'être publié.
Sur ce dernier point, l'article 1167 du Code civil prévoit qu'un indice qui n'existe pas ou a cessé d'exister est remplacé par l'indice qui s'en rapproche le plus. Le désigner vous-même évite d'en débattre le jour venu. La page sur la révision des prix propose un exemple de clause complet.
Plafonner la hausse
L'indice a pris 6,7 % entre août 2022 et août 2023. Avec un plafond de 3 % par an, un contrat révisé entre ces deux dates n'aurait augmenté que de 3 %. Un plafond protège le budget les années où les salaires s'emballent, sans priver le fournisseur de toute révision.
Trois précisions font la différence au moment de l'appliquer :
- Pas de report : la part de hausse écrêtée une année ne se rattrape pas l'année suivante. Sans cette phrase, la question revient à chaque révision.
- Un plafond annuel, calculé sur le prix de l'année précédente, plutôt qu'un plafond global sur la durée, plus difficile à suivre.
- Une révision à date fixe (date anniversaire ou 1er janvier), sans effet rétroactif si le fournisseur tarde à la demander.
Si le fournisseur demande un plancher en échange, soyez prudent : un plancher à zéro empêche toute baisse, et une clause qui ne joue qu'à la hausse est juridiquement fragile. Au renouvellement, la question revient avec l'offre du fournisseur ; dans Naigo, l'agent « Offre face au contrat » du module renouvellement des contrats fournisseurs met l'indexation proposée face au plafond lu dans le contrat et chiffre l'écart.
Sources
Publié le 9 octobre 2026
Informations générales, à jour à la date indiquée : elles ne remplacent pas l'avis d'un professionnel du droit sur votre situation.