Définition · Achats IT : infogérance et contrats IT
TMA (tierce maintenance applicative) : définition et contrat
En bref
La tierce maintenance applicative (TMA) consiste à confier à un prestataire la maintenance d'une ou plusieurs applications : correction des anomalies (maintenance corrective) et ajout ou adaptation de fonctions (maintenance évolutive). Elle s'achète le plus souvent au forfait, avec des niveaux de service et des indicateurs suivis en comité.
Définition
TMA signifie tierce maintenance applicative, et chaque mot compte. Tierce : la maintenance est confiée à un tiers, qui n'est ni l'équipe qui a développé l'application ni forcément son éditeur. Maintenance : on entretient un existant, on ne construit pas un nouveau système. Applicative : on parle de logiciels, pas de serveurs ni de réseau.
La TMA informatique est une forme d'infogérance. Elle concerne d'abord les applications spécifiques : développées sur mesure, fortement paramétrées (un ERP adapté à vos processus, par exemple) ou anciennes, que plus personne en interne ne sait faire évoluer. Pour un logiciel standard vendu en abonnement, la maintenance du logiciel lui-même est assurée par l'éditeur et comprise dans le prix ; une TMA ne se justifie alors que pour le paramétrage et les interfaces développés autour.
Quelles entreprises y recourent ? Celles dont une application métier est critique mais dont l'équipe interne est trop petite pour la maintenir seule, ou s'est réduite avec le temps : l'application a été développée il y a dix ans, ses auteurs sont partis, et chaque correction commence par des heures de recherche dans un code que personne ne connaît plus. La TMA permet aussi de libérer une équipe interne pour les nouveaux projets, en confiant l'entretien de l'existant à un prestataire dont c'est le métier.
Côté signification, le sigle a d'autres vies, dans l'aviation notamment. Si vous cherchiez une région de contrôle terminale, l'espace aérien autour d'un aéroport, vous êtes au mauvais endroit ; ici, une TMA désigne toujours la maintenance de logiciels par un prestataire.
Ce que couvre une TMA
Le périmètre d'une tierce maintenance applicative et évolutive se découpe en deux grands blocs. S'y ajoutent souvent le support aux utilisateurs avancés et la maintenance dite adaptative : suivre une nouvelle version du système d'exploitation, de la base de données ou une évolution réglementaire.
Maintenance corrective
Corriger les anomalies : un calcul faux, un écran qui plante, une interface qui n'envoie plus ses fichiers. Chaque anomalie est classée selon sa gravité (bloquante, majeure, mineure), et chaque niveau a ses délais de prise en charge et de correction. La maintenance corrective est normalement incluse dans le forfait : vous ne payez pas en supplément pour que le logiciel fasse ce qu'il est censé faire.
Maintenance évolutive
Ajouter ou modifier des fonctions : un nouveau champ, un nouvel état, une règle de gestion qui change. Les évolutions se gèrent soit par un volume d'unités d'œuvre inclus dans le forfait (un nombre de jours ou de points par mois), soit par des devis au cas par cas. Le premier mode donne de la souplesse ; le second donne de la visibilité sur chaque dépense, au prix de délais plus longs.
La frontière entre les deux est la source de désaccord la plus classique d'une TMA : le prestataire voit une évolution là où vous voyez une anomalie. Définissez-la dans le contrat, exemples à l'appui. Le détail est dans notre fiche sur la maintenance corrective et évolutive.
TMA ou TME (tierce maintenance d'exploitation)
La TME, tierce maintenance d'exploitation, porte sur l'environnement qui fait tourner les applications : serveurs, systèmes, bases de données, sauvegardes, supervision, enchaînement des traitements. La TMA s'occupe du code et du paramétrage de l'application ; la TME s'occupe de la machine qui l'exécute.
| TMA | TME | |
|---|---|---|
| Objet | L'application (code, paramétrage) | L'infrastructure et l'exploitation |
| Exemple d'intervention | Corriger un calcul, ajouter une fonction | Relancer un traitement, restaurer une sauvegarde |
| Profils | Développeurs, consultants fonctionnels | Administrateurs systèmes et bases de données |
| Indicateur typique | Délai de correction d'une anomalie | Disponibilité du service |
Quand les deux sont confiées à des prestataires différents, décidez à l'avance qui qualifie un incident. Une application lente peut venir du code comme du serveur, et chacun aura tendance à soupçonner l'autre.
Forfait ou régie
Une TMA peut s'acheter au forfait ou en régie. Au forfait, le prestataire s'engage sur un résultat (un périmètre maintenu, des délais tenus) pour un prix fixé, et organise lui-même son équipe. En régie, il met des personnes à disposition, facturées au temps passé, et c'est vous qui dirigez le travail.
Le forfait est la forme normale d'une TMA : il fait porter le risque au prestataire et vous permet de piloter par les résultats. La régie se justifie pour des besoins mal connus ou très variables. Elle vous rend en revanche responsable de la productivité de l'équipe, et comporte un risque juridique si les consultants travaillent en pratique comme vos salariés.
Beaucoup de contrats combinent les deux : un forfait pour la corrective et un socle d'évolutions, des unités d'œuvre au-delà. L'essentiel est que le catalogue de ces unités (ce qu'est une évolution simple, moyenne ou complexe, et son prix) soit fixé dans le contrat, et non réinventé à chaque devis.
| Unité d'œuvre | Exemple de contenu | Valeur fixée au contrat |
|---|---|---|
| Évolution simple | Ajouter un champ ou modifier un libellé, sans nouvelle règle de gestion | 1 unité |
| Évolution moyenne | Nouvel écran ou nouvel état, règle de gestion simple | 3 unités |
| Évolution complexe | Nouvelle interface avec un autre logiciel, règles multiples | 8 unités |
Les valeurs ci-dessus sont fictives ; ce qui compte, c'est que le barème existe et que chaque demande soit classée avant d'être réalisée.
Le prix d'une TMA se lit donc en trois parties : la phase de reprise, payée une fois au démarrage ; un forfait mensuel pour la corrective et le socle d'évolutions ; le prix de l'unité d'œuvre au-delà. Pour comparer des offres, donnez à tous les candidats le même scénario chiffré, par exemple 40 anomalies et 120 unités d'évolution par an, et faites-leur calculer le coût sur la durée du contrat. Sans ce scénario commun, un forfait bas peut cacher une unité d'œuvre chère, et l'inverse.
Niveaux de service et indicateurs
Une TMA se pilote avec un petit nombre d'indicateurs, suivis chaque mois en comité. Les niveaux de service les plus utilisés :
| Indicateur | Ce qu'il mesure | Exemple d'engagement |
|---|---|---|
| Délai de prise en charge | Le temps entre le signalement et le début du traitement | 1 heure ouvrée pour une anomalie bloquante |
| Délai de contournement ou de correction | Le temps pour que l'utilisateur puisse travailler à nouveau | 4 heures (bloquante), 3 jours (majeure) |
| Taux de régression | Les anomalies provoquées par une livraison | Moins de 5 % des livraisons |
| Respect des délais d'évolution | Les évolutions livrées à la date prévue | 90 % au moins |
| Stock d'anomalies | Le nombre et l'ancienneté des tickets ouverts | En baisse d'un trimestre à l'autre |
Les chiffres de ce tableau sont des exemples, à adapter à la criticité de l'application. Deux règles valent partout : distinguer le contournement (l'utilisateur peut travailler) de la correction définitive, et faire mesurer les délais par l'outil de tickets, avec un accès pour vous. Un indicateur que seul le prestataire calcule finit toujours au vert.
Le contrat de TMA : les clauses clés
Un contrat de tierce maintenance applicative reprend les clauses d'un contrat d'infogérance, avec des points propres aux logiciels :
- Le périmètre applicatif : la liste des applications, leurs versions, la volumétrie (utilisateurs, anomalies par an, volume d'évolutions attendu).
- La phase de reprise : le temps donné au prestataire pour s'approprier l'application, avec documentation et transfert de connaissances de l'équipe sortante. Sa fin doit être un jalon vérifié, pas une date dans un calendrier.
- La définition des niveaux de gravité et de la frontière entre corrective et évolutive.
- La propriété des développements. En droit français, payer un développement ne vous en transfère pas les droits (article L111-1 du Code de la propriété intellectuelle). Prévoyez une clause de cession écrite qui précise les droits cédés, leur étendue, leur durée et le territoire, avec la remise du code source.
- La documentation à tenir à jour, livraison par livraison.
- La réversibilité : restitution du code, de la documentation et de la base de connaissances, et assistance au successeur.
Pour préparer la consultation, partez d'un cahier des charges TMA qui décrit l'application, son historique d'anomalies et le volume d'évolutions attendu. C'est ce qui permet aux prestataires de chiffrer sérieusement, et à vous de comparer des offres construites sur la même base.
Sources
Publié le 5 octobre 2026