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Définition · Négociation

Prix de réserve : définition et usage en négociation

En bref

Le prix de réserve est le prix au-delà duquel l'acheteur préfère ne pas conclure : son prix plafond. Il découle de sa meilleure alternative (la BATNA) et borne la zone d'accord. Côté vendeur, c'est l'inverse : le prix plancher en dessous duquel il refuse de vendre. Chacun garde le sien secret.

Définition

Le prix de réserve est un chiffre unique, fixé avant la négociation : le dernier prix acceptable. Au-dessus, l'acheteur renonce, parce que son alternative lui coûte moins cher. Pour le vendeur, le prix de réserve est son prix plancher : en dessous, il préfère garder sa marchandise ou vendre ailleurs.

Il ne faut pas le confondre avec l'objectif. La cible est le prix que vous visez ; la limite est le prix de réserve. Entre les deux, il y a la négociation. Un acheteur qui vise 1 080 € par ordinateur avec une limite à 1 160 € n'a pas la même marge de manœuvre qu'un acheteur dont la cible et la limite sont identiques.

Objectif (cible)Prix de réserve
QuestionQue voulons-nous obtenir ?Jusqu'où irons-nous ?
Dépend deDu marché, de nos prioritésDe notre alternative
Révélé au fournisseurJamais tel quel : l'ouverture se place en deçàJamais
Si l'offre le dépasseOn poursuit la négociationOn part

Fixer son prix de réserve

Le prix de réserve ne se décide pas à l'humeur ni à partir du budget. Il se déduit de l'alternative : c'est le coût complet de la meilleure solution de rechange, ramené à la même base que l'offre du fournisseur. Trois étapes :

  1. Partez du coût de votre meilleure alternative : devis d'un autre fournisseur, prolongation de l'existant, internalisation.
  2. Mettez-la au périmètre de l'offre du fournisseur : ajoutez ce qu'elle ne comprend pas (livraison, installation, garantie, formation) et les coûts de bascule. Comparez des coûts complets, pas des prix catalogue.
  3. Le total, ramené à l'unité de prix de l'offre (le poste, l'utilisateur, l'année), est votre limite. Notez-la avec sa date et ses hypothèses : si l'alternative change, la limite aussi.

Exemple fictif : l'achat de 400 ordinateurs portables. Le fournisseur habituel annonce 1 210 € l'unité, livraison, installation du poste standard et garantie sur site de trois ans comprises, soit 484 000 €. L'alternative est un revendeur à 1 090 € l'unité, qui ne comprend pas tout.

Alternative (400 postes)Montant
Machines : 400 × 1 090 €436 000 €
Livraison et mise en image : 400 × 25 €10 000 €
Extension de garantie à trois ans : 400 × 30 €12 000 €
Qualification du nouveau fournisseur et tests (forfait)6 000 €
Total, soit le prix de réserve464 000 €
Par poste (464 000 ÷ 400)1 160 €

Le prix de réserve est donc de 1 160 € par poste, tout compris. L'offre à 1 210 € est 50 € au-dessus, soit 20 000 € sur le lot : il y a de la négociation à mener. L'acheteur fixe sa cible à 1 080 € (432 000 €), ouvre plus bas, et sait qu'au-delà de 1 160 € il bascule chez le revendeur. Une limite fixée au prix « nu » de 1 090 € aurait été trop basse : l'acheteur aurait quitté la table pour une offre en réalité plus chère.

Révéler son prix de réserve, c'est annoncer le prix auquel vous signerez : le fournisseur n'a plus aucune raison de descendre en dessous. Sa règle est d'ailleurs la même : il ne vous donnera pas son plancher. Se contenter de dire « c'est trop cher » protège mieux qu'un « notre budget est de… ».

Les fuites viennent rarement de la table de négociation elle-même, plus souvent de :

  • un message de relance où quelqu'un écrit « on ne pourra pas dépasser 460 k€ » ;
  • un tableur de comparaison partagé avec le fournisseur, dont une colonne « limite » est masquée mais non supprimée ;
  • une réunion à laquelle assiste le commercial et où un collaborateur du métier cite le budget voté ;
  • un document joint dont les commentaires ou l'historique contiennent le chiffre.

Pour s'en protéger : limiter le cercle qui connaît la limite, ne jamais joindre un fichier de travail, relire chaque message avant envoi, et briefer les collègues du métier avant toute réunion avec le fournisseur. Dans le module de négociation fournisseurs de Naigo, l'agent relit chaque message avant qu'il parte : une limite interne qui y apparaît est signalée ou bloquée, et c'est vous qui envoyez.

Prix de réserve, BATNA et ZOPA

Le prix de réserve est le chiffre qui découle de la BATNA : plus votre alternative est bonne, plus votre limite est basse. La ZOPA, zone d'accord possible, s'étend entre le plancher du vendeur et le plafond de l'acheteur ; si le plancher dépasse le plafond, aucun accord n'est possible. Dans l'exemple des portables, si l'acheteur estime que le fournisseur ne descendra pas sous 1 060 € par poste, la zone court de 1 060 à 1 160 €, soit 40 000 € à se répartir sur le lot. La page BATNA détaille la construction de l'alternative, l'estimation du plancher du fournisseur et celle de la zone.

Le prix de réserve se consigne ensuite dans le plan de négociation, avec la cible, les lignes rouges et ce que vous pouvez céder.

Questions fréquentes

Le prix de réserve peut-il changer pendant la négociation ?

Oui, s'il change de fondement : un nouveau devis concurrent, un délai qui se raccourcit, une migration devenue plus chère. Ce qui ne doit pas le faire bouger, c'est la pression du moment. Un prix de réserve relevé parce que la réunion s'éternise devient une simple concession.

Peut-on indiquer son budget au fournisseur ?

Mieux vaut éviter : un budget annoncé devient un prix à atteindre. Si le fournisseur insiste, parlez du besoin, du périmètre et des offres concurrentes. Un budget peut se donner en fourchette large dans un cahier des charges, jamais comme limite en cours de négociation.

Publié le 9 octobre 2026

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