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Guide · Achats IT : infogérance et contrats IT

Tarif d'une infogérance : modèles de prix et comparaison

En bref

Le tarif d'une infogérance dépend de trois choses : le périmètre confié, les niveaux de service exigés et le modèle de facturation (par poste, par utilisateur, par serveur, au forfait global ou à l'acte). Deux offres ne se comparent qu'une fois ramenées au même périmètre et calculées en coût complet sur la durée du contrat.

Les modèles de facturation

Les infogérants combinent en général plusieurs modèles dans une même offre. Les connaître permet de lire un devis, et surtout de repérer ce qui n'y figure pas.

ModèlePrincipeAdapté àPoint de vigilance
Par poste ou par utilisateurUn prix mensuel par poste ou par personneSupport et parc d'une PMECe que recouvre « un poste »
Par serveur ou par équipementUn prix mensuel par serveur, équipement réseau ou applicationInfrastructureLes machines virtuelles comptent-elles ?
Forfait globalUn prix mensuel pour un périmètre décritPérimètre stable et documentéCe qui se passe si le volume change
À l'acte ou au temps passéFacturation par intervention ou à l'heureCe qui sort du forfaitLe taux et le minimum facturé
Unités d'œuvreUn barème pour les demandes typesTMA, demandes récurrentesLe classement de chaque demande
Banque d'heuresUn volume prépayé, consommé au fil des demandesLe hors forfait, les très petites structuresLe sort des heures non consommées

Le modèle par poste est le plus lisible pour une PME, et c'est aussi celui qui cache le plus de différences. Un « poste » peut inclure ou non le support à distance illimité, les interventions sur site, l'antivirus, la sauvegarde, la licence de l'outil de supervision ou la gestion des téléphones.

Ce qui fait varier le prix

  • Le périmètre : nombre de postes, de serveurs, d'applications et de sites. Plusieurs sites coûtent plus cher, surtout s'ils demandent des déplacements.
  • Les plages de service : des heures de bureau à l'astreinte 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Une astreinte de nuit mobilise des équipes et se paie en conséquence.
  • Les niveaux de service : un délai de rétablissement de quatre heures coûte plus cher qu'un délai de deux jours ouvrés.
  • L'état de départ : un parc hétérogène, mal documenté ou vieillissant demande plus de travail, au démarrage comme au quotidien.
  • La sécurité et la conformité : supervision continue, certifications exigées, audits.
  • La durée d'engagement : un contrat long permet souvent un prix mensuel plus bas, en échange d'une sortie plus difficile.
  • La part d'intervention sur site par rapport au support à distance.

Aucun de ces facteurs n'est anormal. Mais si vous ne les fixez pas vous-même dans la consultation, chaque prestataire choisira ses hypothèses, et vous comparerez des prix qui ne parlent pas de la même chose.

Certaines mesures font baisser le coût d'une infogérance sans dégrader le service :

  • Standardiser le parc : moins de modèles de postes et de versions de logiciels, c'est moins de cas particuliers à gérer.
  • Différencier les niveaux de service : un délai court pour ce qui est critique, un délai standard pour le reste.
  • Fournir une documentation à jour et un inventaire fiable, qui réduisent la transition et les surprises.
  • Désigner un interlocuteur interne qui centralise les demandes, plutôt que vingt personnes qui appellent chacune pour la même panne.

Les coûts cachés

Le forfait mensuel est la partie visible du prix. Le reste se trouve dans les annexes, dans les conditions générales, ou nulle part jusqu'à la première facture.

  • Les frais de transition au démarrage : audit, documentation, reprise des connaissances. Parfois facturés à part, parfois étalés dans le forfait.
  • Le hors forfait : interventions sur site, demandes non prévues, travaux le week-end. Demandez les taux, et ce que ce poste représente en moyenne chez des clients comparables.
  • Les licences et les outils : supervision, antivirus, sauvegarde, outil de tickets. Inclus, refacturés ou à votre charge ?
  • La révision annuelle des prix : l'indice retenu (l'indice Syntec est courant dans les services informatiques) et la présence ou non d'un plafond.
  • Les changements de volume : le prix d'un poste ajouté en cours de contrat, et ce qui se passe quand le parc diminue.
  • La réversibilité en fin de contrat, souvent annoncée « sur devis ».
  • Le temps de vos équipes : piloter un prestataire, assister aux comités, valider les demandes. Il n'apparaît sur aucune facture, mais il existe.

Additionnés, ces postes donnent le coût complet de la prestation, ce qu'on appelle le coût total de possession : voir notre guide du TCO appliqué aux achats informatiques.

Comparer des offres

Pour comparer, ramenez toutes les offres au même périmètre, puis calculez leur coût complet sur la durée du contrat. Exemple, avec des chiffres fictifs, pour 40 postes et 3 serveurs sur trois ans :

Poste de coûtOffre A (par poste)Offre B (forfait global)
Forfait mensuel40 × 55 € + 3 × 120 € = 2 560 €2 750 €
Forfaits sur 36 mois92 160 €99 000 €
Transition6 000 €Incluse
Interventions sur siteHors forfait, environ 300 € par mois, soit 10 800 €Incluses
Révision annuelleIndice Syntec, sans plafondIndice Syntec, plafonnée à 3 %
RéversibilitéSur devis2 500 €
Coût complet sur 3 ans, hors révision108 960 € + réversibilité101 500 €

L'offre A paraît moins chère de 190 euros par mois. Sur trois ans, elle coûte près de 7 500 euros de plus, avant même la réversibilité et une révision des prix sans plafond. La leçon tient moins aux chiffres qu'à la méthode : même périmètre, même durée, tous les postes.

La révision des prix mérite son propre calcul. Avec une hausse de 4 % par an, le forfait de l'offre A passe de 2 560 euros à 2 662 euros la deuxième année, puis à 2 769 euros la troisième : près de 3 740 euros de plus sur la durée du contrat. Un plafond de révision ne fait pas baisser le prix de départ, mais il borne cette pente.

Le prix n'est qu'un critère parmi d'autres. La méthode pour choisir un prestataire d'infogérance en compte quatre autres : la couverture du périmètre, les niveaux de service engagés, la sécurité et la réversibilité.

Publié le 5 octobre 2026

Questions fréquentes

Le prix d'une infogérance est-il négociable ?

Oui. La durée d'engagement, le plafond de révision annuelle, les frais de transition, le prix de la réversibilité et les taux du hors forfait se négocient souvent plus facilement que le forfait lui-même.

Vaut-il mieux un forfait par poste ou un forfait global ?

Le forfait par poste suit automatiquement l'évolution de votre parc, ce qui convient à une entreprise en croissance. Le forfait global donne un budget fixe sur un périmètre stable. Dans les deux cas, l'essentiel est de savoir précisément ce qui est inclus.

Les frais de transition sont-ils justifiés ?

En général oui : le prestataire doit auditer votre système, le documenter et en reprendre la connaissance avant de s'engager sur des niveaux de service. Ce qui doit être négocié, c'est leur montant, ce qu'ils couvrent précisément et le critère qui marque la fin de la transition. Un prestataire qui les offre les récupère souvent ailleurs.

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